La rue André Theuriet à Nice : qui était ce personnage ?

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Non loin du fameux quartier de la Libération, et perpendiculaire à l’avenue Auguste Raynaud à Nice Côte d’azur, se trouve une rue perpendiculaire nommée « rue André Theuriet ». Qui était ce personnage, pourquoi y a-t-il à Nice une rue à son effigie, vous allez tout savoir.

Juste avant d’amorcer le Boulevard de Cessole se trouve la Rue André Theuriet. Lorsque vous allez au bout de celle-ci, vous vous trouvez sur la ligne de Tramway au niveau de la Place de Gaulle. Cette rue, vous l’avez sans doute déjà empruntée. Peut-être y avez-vous déjà habité. Mais vous êtes-vous demandé qui était André Theuriet ?

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Biographie d’un poète aux multiples talents

André Theuriet (Claude-Adhémar-André de son vrai nom) est né le 8 octobre 1833 à Marly-le-Roi. C’est un poète, romancier et dramaturge français. Theuriet dévore les livres de mythologie et en restera marqué sa vie durant. Il a passé ses années scolaires à Bar-le-Duc. Il passe beaucoup de temps avec sa grand-mère qui lui apprend à lire. Un de ses grands plaisirs d’enfant est de rendre visite à une grand-tante un peu originale qui se déguise avec des rideaux, et qui déclame des vers.

Il a commencé des études de droit à la Sorbonne à Paris. Après l’obtention de son diplome, il a obtenu un emploi au Ministère des Finances. En 1853, Theuriet écrit un poème de 400 vers sur l’Acropole d’Athènes qui est remarqué par l’Académie Française.

À 29 ans, il accèpte un poste à l’Université de Tours et y enseigne jusqu’en 1863.
En 1867, Theuriet débute sa carrière avec succès suite à la publication d’une anthologie de ses propres poèmes (Chemin des bois. Presque tous ses premiers poèmes avaient déjà été publiés dans plusieurs revues). À la guerre de 1870, il est au 19e bataillon de la 2e compagnie de la Garde nationale de la Seine. En 1871, il participe à la bataille de Buzenval. Il fera cette même année la rencontre d’Hélène Narat, sa future épouse. C’est en 1880 qu’il épouse Hélène Narat, veuve du peintre Gabriel Lefebvre, un artiste renommé sous le Second Empire. D’après François Carez, c’était « une jeune fille charmante qu’il avait chantée — en amoureux rossignolant — dans le Livre de la Payse ». En 1893, il vend son appartement du no 30 rue Bonaparte à Paris et achète une maison au no 14 avenue Victor Hugo à Bourg-la-Reine qu’il nomme Bois-Fleuri, en souvenir de son roman Boisfleury.
En 1886, Theuriet se retire au rang de chef de département et à partir de ce moment ne travaille plus que comme artiste littéraire. En 1890, l’Académie Française lui a décerné le Prix Vitet. À la mort d’Alexandre Dumas en 1895, l’Académie Française offre à Theuriet un siège qu’il accepte en tant que membre.Il sera membre de la Commission du Dictionnaire et de la Commission de la réforme de l’orthographe.

Extrait du discours de réception à l’Académie Française prononcé par André Theuriet le 9 décembre 1897 :

« Ce moment est venu. Votre confrère, qui était un des maîtres de la littérature dramatique, vous a été brusquement enlevé et vos suffrages m’ont appelé, non à le remplacer, mais à lui succéder. C’est donc à moi qu’est échu le mélancolique honneur de lui donner le témoignage qu’il désirait. – Oui, Messieurs, on pourra appliquer à Alexandre Dumas la devise latine : Viriliter. Il a agi, pensé et écrit virilement. Il a exercé en homme de cœur et en homme d’esprit cette profession d’écrivain à laquelle il était fier d’appartenir, et jusqu’au dernier jour il a travaillé à perfectionner son art. De même que ces chevaleresques gentilshommes dont Dumas père contait les prouesses et qui se faisaient gloire de mourir l’épée au poing, Alexandre Dumas fils est tombé comme un vrai gentilhomme de lettres, la plume à la main. »

L’écrivain Jean Richepin succède à Theuriet à ce poste en 1908.

Plusieurs de ses recueils de vers seront donc couronnés par l’Académie française. Theuriet collabore à divers journaux politiques ou illustrés ; il fait paraître quatre-vingts romans, et deux cent quatre-vingt-six titres. Poésies, romans, théâtre, contes, nouvelles, impressions de voyages, souvenirs, critique d’art, essais dramatiques…

la période du romancier (1870-1907)

Dans ses romans, André Theuriet laisse une grande part à l’autobiographie, ne changeant qu’à peine des noms de lieux et des personnages. Il exprime aussi une pensée philosophique tout aussi récurrente que l’est l’inspiration issue de la forêt.

André Theuriet : poète reconnu mis à l’honneur à Nice et dans d’autres villes

Des noms de rues, des noms d’établissements scolaire, une place, un monument en Champagne-Ardenne, les lieux portant le nom de André Theuriet sont divers et variés. C’est ainsi que ce nom apparaît dans les rues des villes de  Metz, Clermont-Ferrand, Brest, Annecy, Aulnay-Sous-Bois, Saint-Dizier, Chaumont, Nice, Paris, Marly-le-Roi, Bar-le-Duc (Le Grand-Pressigny, Avenue André Theuriet, ou une plaque de marbre a été scellée sur la maison qu’il habita) et Talloires où se trouve aussi un collège à son nom, et à Civray, un lycée. André Theuriet est un écrivain qui chante les terroirs, les forêts, les petites villes bourgeoises avec une étonnante facilité à communier avec tous les pays où le mène sa profession. La ville de Nice a rendu hommage à André Theuriet en apposant son nom sur une rue de Nice.

André Theuriet et Nice

Dans « Jardin d’Automne » en 1894, André Theuriet livre une véritable hymne à Nice, ville dont il a pu profiter à la Belle Epoque, voici « A Nice » :

O Nice, paradis où la voix des flots calmes Berce de sa caresse un rivage enchanté, Où les villas, parmi les rosiers et les palmes, Font sur les coteaux verts des taches de clarté, Ton air embaumé d’odeurs de violette; Tes femmes au soleil, sur tes longs promenoirs, Passent le sein en fleurs, ayant sous la voilette D’exquises fleurs aussi dans leurs profonds yeux noirs. Les contours lumineux et purs de tes collines, Tes oliviers légers aux frissons d’argent clair, Tes matins transparents aux teintes opalines, Tes couchants dont la pourpre ensanglante la mer, Et ta côte d’azur fuyant pendant des lieues, Tout cela met au coeur des réveils de printemps, Et bien des fois, durant tes limpides nuits bleues, A ton ciel j’ai crié : « Rends-moi donc mes vingt ans ! … » Dans tes blanches villas aux terrasses de marbre Que d’hôtes sont venus en leur jeune saison, Et joyeux, appuyas au tronc noueux d’un arbre, Se sont extasiés devant ton horizon ! Combien d’heureux amant et de femmes aimées Ont gravi deux à deux tes vois de chênes verts ! Combien de jeunes yeux aux prunelles charmées Pour te mieux admirer se sont tout grands ouverts ! L’un après l’autre ils sont partis, mais leur jeunesse Derrière eux a laissé sa grâce et ses couleurs; Leur âme s’est mêlée à la molle caresse De la lumière, à l’âme odorante des fleurs. Parmi tes oranges et tes champs de narcisses, O Nice, tu verras ainsi, de jour en jour, D’autres hôtes paraître et goûter tes délices, Et te donner leur jeune allégresse en retour. Dans la tiédeur de ton air pur, sous la clémence De ton ciel encadré par de neigeux sommets, Ta source de beauté, de joie et de jouvence, O pays du soleil, ne tarira jamais ! …

Zone de villégiature hivernale durant la Belle Epoque, Nice apparaît dans les romans de Theuriet avec de parfaites descriptions de ses résidences. Dans Le Journal du 3 janvier 1895, Theuriet écrit « A côté du Nice fêtard, mondain et banal, qui ressemble à toutes les villes de plaisir, il y a la vieille cité niçoise avec sa physionomie d’autrefois, ses moeurs originales, sa population grouillante et bariolée, et cette dernière est bien plus amusante, d’un charme autrement savoureux. A chaque tournant, l’oeil est égayé par une surprise ». (Source departement06.fr).

André Theuriet est décédé le 23 avril 1907. Il est inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine. Sans enfant, il laissa ses biens à ses amis M. et Mme Archambault, de Beaune, qui vivaient avec le couple et qui s’occupèrent de lui après la mort de son épouse.

« C’est un talent fin, discret, un peu timide que celui de Theuriet. Il a la fraicheur, l’ombre et le silence des bois, et les figures qui animent ses paysages glissent sans faire de bruit comme sur des tapis de mousse, mais elles vous laissent leur souvenir. » Théophile Gauthier

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